mardi 20 novembre 2007

La France encorne l'orgueil des patriotes africains

L'accord de Ougadougou signé le 4 mars dernier s'oppose, par son parrainage et son contenu, au mode de gestion "classique" des conflits majeurs en Afrique.
Du Rwanda à la Côte-d'Ivoire en passant par le Tchad et le Darfour, la "communauté Internationale", souvent parasitée par d'ex-puissances coloniales, a toujours rêvé d'être au centre de la "résolution " des crises.



La France chiraquienne tentant d'honorer cette tradition en terre ivoirienne a connu un relatif échec, avec les errements de l'accord de Marcoussis. La Côte-d'Ivoire s'est donc vu en droit d'expérimenter la donne endogène. C'est ainsi qu'est né l'accord de Ouagadougou, marqué par des négociations directes entre bélligérants internes et l'arbitrage d'un concilateur de la sous-région.

Cette option révolutionnaire - en bousculant les dogmes et autres axiomes rouillés de la vieille mécanique françafricaine - a eu pour conséquence (eh oui !) d'assécher bien de vannes.

Aujourd'hui, des trésors d'énergie sont mobilisés pour la normalisation de la vie en Côte-d'Ivoire et dans toute la sous-région ouest africaine, mais l'appui de la "communauté international" demeure des plus discutables.

Illustration : André Janier, ambassadeur de la France en Côte-d'Ivoire répondant à la demande d'appui des acteurs ivoirien à la sortie de crise, par une formule pour le moins étudiée : "Aide toi et le ciel t'aidera !"

Frapper les esprits rétifs à la bonne cathéchèse de la génuflexion, cravacher l'orgueil des "révolutionnaires" sur le ton du sarcasme revanchard : tout un art de la corruption idéelle...

La phrase est petite - dans la forme comme dans le fond - mais elle révèle le champ conceptuel et tout l'arrière-plan topique de la France dans ses rapports avec des Etats dont elle a du mal à réaliser l'indépendance.
Cela dit, les acteurs ivoiriens en tendant la main, prêtent le flanc à ce type de réactions toutes prévisibles.

"Le ciel ", dit Janier parlant de la France. Que faisons-nous, patriotes africains ou ivoiriens, pour libérer l'imaginaire de bien d'occidentaux de ce daltonisme ?

http://news.abidjan.net/h/272054.html

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